L’histoire de blur

Seymour

blur, Live At The Princess Charlotte (1990)Damon, londonien de naissance, naît le 23 mars 1968 au Whitechapel Hospital. Il est le fils de Keith, un ancien de la scène psychedelic-rock de la fin des années 60 et de Hazel, qui faisait partie de la compagnie de théâtre de Joan Littlewood. Il arrive à Colchester vers la fin des années 1970 et y étudie le piano, le violon et le théâtre. En parallèle de son intérêt pur la musique classique, Damon écoute plusieurs groupes, notamment les Kinks, les Specials, Madness, XTC…

Graham Coxon naît le 12 mars 1969 sur une base aérienne en Allemagne, et pose ses bagages à Colchester en 1977. A 12 ans, Graham commence à jouer de la guitare. En 1980, Damon et Graham se rencontrent au collège de Stanway à Colchester (Essex), deviennent amis, notamment par la proximité de leurs goûts musicaux et forment successivement deux groupes, The Aftermath et The Real Lives.

Alex James naît le 21 novembre 1968 à Bournemouth, sur la côte du sud de l’Angleterre. Il vient à Londres vers la fin des années 80 pour étudier le français à l’université Goldsmith, où il rencontre Graham.

Dave Rowntree naît le 8 mai 1964 à Colchester et est le fils d’un ingénieur son de la BBC et d’une pianiste. Il apprends à jouer de la cornemuse, puis de la batterie. Il joue dans quelques groupes avec Graham Coxon durant les années 80.

En 1989, ils forment à eux quatre un groupe « art-punk », Seymour. Damon en est le chanteur, parolier, claviériste, Graham est à la guitare, Alex est à la basse et Dave est le batteur. Après avoir joué une douzaine de fois environ à Londres, ils signent chez Food Records sous le nom de blur, jugé plus adapté par le label. Food est alors un label dans lequel EMI investit depuis quelques temps via sa filiale Parlophone.


Leisure

Le premier single  » She’s So High », parait en 1990. L’histoire commence vraiment à prendre de la vitesse avec le single suivant,  » There’s No Other Way « , un hit en Grande-Bretagne au printemps 1991, notamment par le regard satirique apporté à la britsish way of life dans le clip associé.

Numéro 7 des charts UK, « Leisure », premier album du groupe, remporte déjà outre manche un certain succès. Sur la galette, l’auditeur est probablement saisi par la présence du psychédélique « Sing », qui reste une référence pour de nombreux groupes actuels. Le titre est par ailleurs utilisé pour le film culte Trainspotting (1996). Le groupe est plutôt déçu du disque et aspire à plus d’indépendance artistique, au delà des faces B de leurs premiers maxis.

C’est donc en mars 1992 que blur amorce un virage déterminant avec un single tonitruant, « Popscene », qui n’apparaît sur aucun album. L’heure de la rébellion a sonné, blur prends les manettes et clos définitivement le chapitre « Leisure ». La bande commence à enregistrer son successeur, qui est refusé dans un premier temps, le label ne le jugeant pas assez commercial.


Modern Life Is Rubbish

MLIRFood souhaitant impérativement un single vendeur, Damon Albarn écrit « For Tommorrow » sur un coin de table et rends ainsi possible la publication de l’album. Damon est alors devenu un parolier talentueux, passant du spectateur hésitant au commentateur de la vie moderne anglaise.

Il compose ainsi les chansons qui constituent  » Modern Life Is Rubbish  » un des albums incontestablement à l’origine du revival de la pop anglaise des années 90. La galette est remplie de pop songs brillantes : « Advert », « Pressure On Julian », « Colin Zeal ».

L’album atteint la quinzième place des charts britanniques, le succès est relatif, puisque cette position est en dessous de celle de Leisure. Mais le groupe est alors dans l’ombre de la déferlante Grunge, qui envahi massivement la planète avec notamment, Nirvana…


Parklife

Girls & Boys

Le troisième album développe le thème de l’Angleterre urbaine. La musique créée par blur et ses guitares, basses, saxophones, batteries et claviers en plastique aliénés, largement influencée par les classiques anglais, semble alors d’une fraicheur incomparable. Surfant sur le sulfureux « Girls & Boys », le groupe impose sa vision de la pop avec « Parklide », « London Loves » et « Trouble In The Message Centre ». L’album, alternant les registres pop et alternatif et les séparant par des interludes musicaux digne de la piste aux étoiles, réinvente la pop anglaise et lance définitivement le courant britpop.

Le disque connait un succès immédiat, atteignant la première place des charts anglais en avril 1994. La bande gagne quatre Brit’Awards au début de l’année 1995, dont celui du meilleur album et du meilleur groupe.


The Great Escape

The Universal

Le très mal compris « The Great Escape » est le symbole de l’arrivée de blur sur la scène mondiale. Son inspiration musicale est loin de la pop traditionnelle : le banjo, le mellotron, les valses. Le disque arrive une nouvelle fois numéro un des charts britanniques. Le disque donne à la britpop une ampleur considérable.

La presse européenne se délecte de la concurrence que se livrent les nombreux groupes du moment, parmi les quels blur et Oasis ont une place de choix. Les ventes de chacun de leurs disques sont scrutées dès le jour de leur parution, l’effervescence médiatique est à son comble lorsque « Country House » côtoie « Roll With Hit » dans les bacs… Le buzz va très loin, Noel Gallagher en arrivant même à souhaiter un destin funeste à Alex James et Damon Albarn par voie de presse.

Il s’est vendu plus d’un million de copies au Royaume-Uni et cela reste l’album le plus vendu de blur dans la plupart des pay, dont la France, où blur obtient un disque d’or. Il est souvent maltraité par certains fans qui le jugent trop commercial, mais il s’avère très efficace, sachant marier « Country House » avec des titres plus équilibrés, comme « The Universal » ou « Best Days ».


blur

Beetlebum

L’album éponyme signe l’ancrage de blur dans le rock alternatif. Le titre « Song 2 » connaît un succès planétaire, le ‘Woohoo’ est même repris comme bande officielle du jeu FIFA 98. Véritable standard rock, il est toujours repris par de très nombreux artistes sur scène. Les titres qui cotoient ce tube titanesque sur le disque sont tous volontairement démarqués de la britpop : la saisissante ballade « Beetlebum », la voix de Graham Coxon dans « You’re So Great », les coeurs de « Strange News From Another Star » finissent d’achever une énième révolution du groupe qui revisite Bowie, fait la promotion de Pavement et du Lo-fi. L’expérimental « Essex Dogs » confirme.

blur annonce en 1997 que le groupe ne se produira plus en tournée avant un moment, après deux années de concerts.

En 1998, blur travaille sur la BO américaine de The Dead Man on The Campus, sur laquelle figurera « Cow-Boy Song » et sur un titre initialement prévu pour l’album « Chief Aid », la BO de South Park : Trailer Park, qui finalement se retrouvera sur leur prochain album, ’13’, après avoir été joué au festival de Glastonbury, qui consacre le retour de blur sur scène en festival.


13

En 1999, blur finit d’enregistrer l’album ’13’. L’album, totalement expérimental, produit par William Orbit est un immense patchwork musical, alliant punk, rock alternatif, rap, gospel, pop psychédélique. Après un premier single aux couleurs du gospel, Tender, blur remets ses habits de génie de la ballade pop avec Coffee & TV, sur laquelle Graham Coxon reprends le micro. Le clip associé, plusieurs fois récompensé, propose au spectateur de suivre les tribulations d’une brique de lait sur laquelle un avis de disparition à l’effigie de Graham est apposé.

blur enregistre Beagle 2, un remix de « Far Out » orchestré par Alex James. Le titre sort en face B du single No Distance Left To Run. Beagle 2 est le nom de la sonde européenne (Europe